Les Anti-Airbnb vont ils gagner Grâce au Coronavirus? (stats officielles)

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L’effondrement de Airbnb signifie que les villes anti-airbnb peuvent essayer de reprendre le contrôle des appartements mis en location dans leur agglomération.

Pendant la crise du coronavirus, les hébergeurs se sont tournés vers la location longue durée de leurs appartements, mais personne ne sait comment ils réagiront au retour des touristes.

Les politiques anti-Airbnb essaient d’en tirer parti.

Airbnb a révolutionné les voyages et depuis sa création en 2008, des centaines de milliers de propriétaires ont utilisé la plateforme de réservation entre particuliers pour joindre les deux bouts, gagner leur vie et, dans certains cas comme la plupart des membres du Club VIP, faire un carton.

Mais tandis que les hôtes angoissent face à l’effondrement du secteur du tourisme et leurs pertes de revenus (aides disponibles ici), plusieurs municipalités se frottent les mains à la perspective de voir des milliers de locations saisonnière revenir sur le marché locatif traditionnel.

Avec des arguments jamais prouvés, les villes se plaignent que les locations courte durée, très rentables, ont fait augmenter les loyers et ont forcé les résidents à partir, avec pour conséquence que les entreprises locales n’ont plus assez de clients.

“Nous espérons voir un tiers, voire la moitié de ces meublés de tourisme devenir des appartements normaux mis en location à l’année au cours des trois prochaines années”, a déclaré Janet Sanz, maire adjoint de Barcelone.

Ian Brossat, l’adjoint au maire de Paris chargé du logement, et fer de lance anti-Airbnb s’est fait l’écho de ce constat. “Nous avons l’intention de saisir l’occasion pour reprendre le contrôle“, a-t-il déclaré.

Mr Brossat a déclaré que les annonces sur Airbnb s’étaient “effondrées” à Paris et que les hôtes n’avaient enregistré que 40 séjours auprès des autorités au cours des trois premières semaines d’avril, contre une moyenne de 1 210 par mois l’année dernière.

Airbnb réfute ces chiffres, préférant se concentrer sur l’offre plutôt que sur la demande (notons que Airbnb est en grande difficulté financière et propose désormais une offre de séjours longue durée)

Entre-temps, nous avons cherché des chiffres, car il faut être un peu sérieux quand même, la démagogie très peu pour nous.
Ainsi, un rapport d’analystes spécialisés dans les locations de vacances, Transparent, donne des stats.

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stats airbnb coronavirus

Ces données montrent une baisse d’environ 80% des réservations en France depuis le début du confinement pour cause de Coronavirus – COVID-19.

Personne ne s’attend à une reprise rapide du tourisme international, ce qui va d’ailleurs faire tomber la France de son piedestal de leader du tourisme mondial, au profit de la Chine.

Afin de limiter ou récupérer leurs pertes, certains propriétaires se tournent maintenant vers le marché de la location meublée classique à l’année, avec des centaines, voire des milliers, d’appartements proposés dans les villes en Europe pour des locations de courte durée allant jusqu’à un an, dans l’optique évidente d’une reprise en 2021 lorsque du recul aura été pris sur les impact de la pandémie et la durée du retour à la normal au niveau de l’avant.

Au passage, il s’agit d’une formidable opportunité pour tous ceux qui continuent à louer en courte durée avec une diminution forte de la concurrence et probablement de belles opportunités d’investissement locatif à faire.

Pour continuer dans les arguments étonnants, M. Sanz affirme “les locations de courte durée ne sont légales que pour les personnes qui doivent s’installer temporairement en ville pour y travailler. Comme personne n’est autorisé à se déplacer à l’heure actuelle, ces locations sont probablement illégales”. Bien entendu, il y a des centaines de milliers de personnes qui travaillent légalement et ont besoin de se déplacer pour leur travail (entretien des installations industrielles, soignants, etc…)

Barcelone est en guerre depuis longtemps avec Airbnb.

La ville compte 9 600 meublés de tourisme avec une licence officielle et des dizaines de milliers d’autres sans licence, ce qui a contribué à l’explosion du tourisme dans la ville depuis que la plateforme a commencé à proposer des annonces en 2009. La plateforme de réservation en ligne est également accusée d’avoir fait augmenter les loyers dans la ville.

“Ce que les propriétaires d’appartements touristiques veulent maintenant, c’est de la stabilité, et ils peuvent l’obtenir avec des locations conventionnelles”, estime M. Sanz. “Bien sûr, ils gagneront moins que s’ils louaient aux touristes.”

La mairie de Paris, également opposée de longue date à l’expansion incessante de Airbnb, estime que la plateforme prive les habitants de la ville d’environ 30 000 logements utilisés exclusivement pour des locations touristiques de courte durée, et jusqu’à 25% des appartements des quatre arrondissements centraux.

Ian Brossat a déclaré au Journal du Dimanche que les autorités craignaient que certains hôtes à court d’argent louent leurs appartements pour se livrer à la prostitution ou à d’autres activités illicites, tandis que d’autres utilisent illégalement le nouveau type de contrat de location à moyen terme d’une durée de un à neuf mois et réservé aux étudiants et aux employés détachés ou suivant des cours de formation (le bail mobilité)

“La ville pourrait acheter certains de ces appartements et les rendre au marché locatif traditionnel”, a déclaré M. Brossat. “Plusieurs centaines d’appartements dans le centre de Paris pourraient être concernés”.

On ne sait pas trop ce qu’il sous entend, si c’est vraiment acheter au prix du marché ou requisitionner… (ce qui serait bien sûr illégal dans les deux cas, une expropriation ne pouvant pas être justifiée par ces motifs)

Un schéma similaire est apparu à Dublin, où l’on estime à 9 400 le nombre d’appartements loués sur Airbnb.

Une semaine après le début des restrictions liées au Covid-19 à la mi-mars, 170 annonces de location longue durée supplémentaires dans le centre de Dublin ont été mises en ligne sur Daft.ie, le principal site web immobilier d’Irlande. La hausse s’est poursuivie, bien qu’à un rythme plus lent.

“Un petit changement, mais pas dramatique”, a déclaré Eoin Ó Broin, le porte-parole du Sinn Féin, un parti d’opposition, en matière de logement.

Toutefois, M. Ó Broin espère que cela sera l’occasion de faire appliquer la réglementation locale qui veut que les hôtes qui ont plus d’une propriété louée en courte durée doivent obtenir un permis de construire (un peu à la manière de la gestion de la location saisonnière à Nice)

Depuis le vote de cette réglementation l’année dernière, seule une poignée d’hôtes ont demandé un permis de construire et des milliers d’autres ne s’y sont pas conformés. Ó Broin propose de rendre illégal pour Airbnb et les agence immobilières de faire de la publicité pour des appartements non conformes, et d’imposer des amendes.

Airbnb est optimiste quant au défi qu’elle doit relever.

Dans une déclaration, un porte-parole a déclaré :

“Aujourd’hui, il y a plus d’annonces sur Airbnb qu’il y a un an et notre plateforme continuera à être une bouée de sauvetage économique pour les hôtes à l’avenir.

Nous constatons déjà des signes encourageants de croissance des voyages intérieurs et le nombre de séjours de longue durée sur Airbnb a presque doublé.

Nous continuerons à travailler avec les villes pour faire en sorte que tout le monde profite des voyages avec Airbnb, sur la base de notre expérience de collaboration avec plus de 500 gouvernements et organisations à travers le monde”.

Néanmoins, la société Airbnb a licencié 1 900 personnes, soit environ 25% du total de ses employés.

À Barcelone, elle a résilié le contrat d’un centre d’appel, ce qui a entraîné la perte de 800 emplois.

De nombreux autres emplois seront perdus au cours de l’année à venir. Un rapport interne du conseil municipal de Barcelone prévoit que de nombreuses petites et moyennes entreprises axées sur le tourisme ne survivront pas et évoque une “perte irrémédiable d’emplois” et la perspective de “rues sans vie ni commerce, en particulier dans les zones les plus orientées vers le tourisme”.

Mais pour de nombreux résidents, qui pensaient que la ville était irrémédiablement perdue face au tourisme de masse, il y a de l’espoir (comme à Venise par exemple).

“Nous avons l’occasion de repenser la ville”, déclare M. Sanz. “Depuis des années, nous disons que nous voulons récupérer la Rambla et les plages pour les résidents. Les entreprises doivent s’adapter. Elles doivent offrir ce que veulent les gens qui vivent ici, c’est-à-dire des souvenirs et de la sangria. Une monoculture destinée aux touristes ne fonctionnera pas”.

De notre côté, nous devons continuer à fédérer nos initiatives personnelles au sein d’une communauté forte comme le font les lobby hôteliers.


Vous y contribuez à chaque fois que vous parlez de Eldorado Immobilier autour de vous.

Les propriétaires doivent pouvoir continuer à user de leur droit de propriété inaliénable en choississant librement si ils souhaitent louer en courte durée, en bail mobilité ou à l’année.

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Pierre

Pierre est ingénieur agronome spécialisé dans l'aménagement du territoire (INA ENSA A), et urbaniste. Investisseur immobilier dans la location meublée courte et longue durée, il est passionné pour aider les propriétaires au quotidien. Il est l'auteur du Best Seller "Airbnb Master : les 200 secrets des nouveaux millionnaires de la location courte durée" et collabore avec de nombreux médias (Capital de M6, Le Monde, Le Parisien, Le Petit Futé...) Surtout, Pierre est à votre disposition pour échanger sur vos difficultés, laissez un commentaire !

7 commentaires

  1. Le système, sain à l’origine de location chez l’habitant, a été dévoyé par des petits malins qui ont acheté de l’immobilier un peu partout pour profiter du système, de l’explosion déraisonnable du tourisme et des taux bas. Ce système qui a déstabilisé les prix de l’immobilier dans toutes les grandes villes s’effondre et c’est tant mieux. Pour des tas de raisons, ce tourisme fou et générateur d’un nombre considérable de nuisances, va se terminer. On ne pleurera pas pour certains propriétaires et investisseurs s’ils sont ruinés. On prend ses risques. Qu’ils n’aillent pas pleurnicher des aides par contre.

    • Bonjour
      Nous sommes sérieux et objectifs ici
      L’idéologie c’est pour les cours de récréation… et les conseils municipaux 🙂
      Apportez nous des chiffres, des données pour étayer vos affirmations, ce sera plus intéressant plutôt que de nous exposer vos frustrations et jalousies…

    • Mr Ian Brossat, enchanté de vous accueillir ici 🙂
      C’est toujours un plaisir d’avoir un débat constructif basé sur des faits réels où l’idéologie et les lobby n’ont pas leur place
      A très vite

  2. Bonjour,
    Ca parait cohérent que en créant une pénurie de logement pour la longue durée, la LCD contribue à faire grimper les prix immobilier.
    Ce que ne prenne pas en compte les maires, c’est que la LCD apporte encore plus de touriste et ces villes touristiques vivent grace aux touristes.

    • Bonjour
      Oui, mais sauf que les prix de l’immobilier n’ont pas attendu airbnb pour flamber 🙂
      en fait, c’est beaucoup plus complexe que cela

  3. Très bon article Pierre , merci.
    Comme tous les marchés la location saisonnière a connu des excès qui seront probablement corrigés par excès dans l’autre sens avant de trouver un quasi équilibre . En attendant certain vont vendre , d autres vont louer en classique puis vendre, tous vont serrer les dents

    • Oui, rdv dans un an pour tirer de véritables enseignements
      ceci cela a l’air très bon pour les propriétaires sérieux…

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