
Le règlement de votre copropriété peut légalement vous interdire de louer sur Airbnb, mais uniquement si une clause d’habitation bourgeoise exclusive est présente. Depuis la loi Le Meur (19 novembre 2024), validée par le Conseil constitutionnel le 19 mars 2026, une assemblée générale peut aussi voter l’interdiction à la majorité des deux tiers des tantièmes, sous trois conditions précises.
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Sans clause bourgeoise exclusive, votre syndicat ne peut pas vous interdire Airbnb sur la seule base du règlement (arrêt Cass. 25/01/2024)
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La loi Le Meur (nov. 2024) permet un vote à 2/3 — mais sous 3 conditions cumulatives strictes
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Résidence principale protégée constitutionnellement : 120 nuits max/an, toutes plateformes confondues
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Risques concrets : jusqu’à 12 500 € de dommages-intérêts, 33 000 € d’amende, 100 000 € en zone tendue
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Contestation possible dans les 2 mois si les 3 conditions de l’art. 26d ne sont pas réunies
On va droit au but : voici les 5 questions auxquelles cet article répond concrètement.
- 01 Comment identifier la clause qui vous concerne dans votre règlement de copropriété
- 02 Ce que change concrètement la loi Le Meur pour les propriétaires Airbnb en 2025-2026
- 03 Quels risques réels vous encourez si vous ignorez le règlement (amendes, condamnations, astreintes)
- 04 Pourquoi votre résidence principale reste protégée — et jusqu’où
- 05 Comment contester une interdiction votée en AG
Votre règlement interdit-il vraiment Airbnb ?

Un règlement de copropriété n’interdit pas automatiquement Airbnb. Seule une clause d’habitation bourgeoise exclusive constitue une interdiction directe. Une clause simple n’interdit que les activités commerciales, or depuis l’arrêt Cour de cassation du 25 janvier 2024 (n° 22-21.455), la location de meublé de tourisme sans services para-hôteliers n’est pas considérée comme une activité commerciale par nature.
La question paraît simple, mais elle cache une subtilité juridique que la plupart des propriétaires ignorent. Le règlement de copropriété est le document fondateur de votre immeuble : il définit la destination des parties privatives, les règles de voisinage et les usages autorisés. Il a force contractuelle entre tous les copropriétaires.
La jurisprudence récente a modifié l’équilibre des forces. Par l’arrêt Cour de cassation du 25 janvier 2024 (n° 22-21.455), la Cour a opéré un revirement majeur : la location meublée de tourisme de type Airbnb ne revêt pas, par nature, un caractère commercial. Par conséquent, une clause qui interdit seulement les activités commerciales, ce qu’on appelle la clause d’habitation bourgeoise simple, ne suffit plus, à elle seule, pour interdire une location de meublé touristique classique.
Cela signifie que seule la clause d’habitation bourgeoise exclusive, qui impose un usage strictement résidentiel de toutes les parties privatives, permet une interdiction directe et inconditionnelle. En revanche, si votre règlement ne contient aucune clause restrictive, le syndicat des copropriétaires doit passer par un vote d’assemblée générale pour vous interdire de louer.
Ma clause dit quoi, concrètement ?
| Ce que dit votre règlement | Votre location est… | Risque principal |
|---|---|---|
| « Habitation bourgeoise exclusive » | ❌ Interdite directement | Mise en demeure immédiate + référé |
| « Habitation bourgeoise simple » (ou interdiction activité commerciale) | ✅ Tolérée sans para-hôtel | Limité depuis Cass. 25/01/2024 |
| « Usage mixte hab./commercial » | ✅ Autorisée | Quasi nul sur le règlement |
| Aucune mention spécifique | ⚠️ Zone grise | Trouble de voisinage possible |
| AG a voté l’interdiction (2/3) | ❌ Interdite si 3 conditions réunies | Référé + astreinte + amende 100 000 € |
Pour résumer en une phrase : si votre règlement contient le terme « habitation bourgeoise exclusive », votre location de meublé touristique est directement interdite sans aucun vote d’assemblée générale. Dans tous les autres cas, votre situation dépend d’un vote ou d’un constat de nuisances et vous disposez de recours.
Pour être plus claire:
- Clause bourgeoise exclusive → location interdite directement, sans vote AG, risque de mise en demeure immédiate
- Clause bourgeoise simple → location tolérée sans services para-hôteliers depuis l’arrêt Cass. 25/01/2024
- Usage mixte → location autorisée, recours du syndic quasi nul
- Aucune mention → zone grise, action possible via trouble de voisinage
- Vote AG à 2/3 voté → location interdite si les 3 conditions de l’art. 26d sont réunies, amende jusqu’à 100 000 €
Comment lire son règlement en 5 minutes ?
La plupart des règlements font 30 à 80 pages. Pour localiser rapidement la clause qui vous concerne, cherchez les sections intitulées « Destination de l’immeuble » ou « Usage des parties privatives ». Les termes à repérer sont : « habitation bourgeoise exclusive », « usage exclusivement résidentiel », « toute activité commerciale ou industrielle est interdite ».
En cas de doute sur l’interprétation, consultez un notaire ou un avocat spécialisé en droit de la copropriété, voir l’article 9-2 de la loi du 10 juillet 1965 sur Legifrance pour les obligations liées à la déclaration. Les enjeux financiers le justifient largement.
Pour aller plus loin sur la conformité légale générale : Louer sur Airbnb légalement : guide 2026 complet
À retenir
Sans clause d’habitation bourgeoise exclusive, votre syndicat ne peut pas vous interdire la location de meublé touristique sur la seule base du règlement depuis l’arrêt Cass. 25/01/2024. En revanche, il peut agir via un vote d’AG ou le trouble anormal de voisinage. Vérifier son règlement avant de lancer son activité est aujourd’hui non négociable.
Agathe M., propriétaire d’un F3 à Lyon et membre de l’Accélérateur à Réservations d’Eldorado Immobilier, témoigne : « Je louais sur Airbnb depuis deux ans sans aucun problème. Un soir, mon syndic m’envoie une mise en demeure. En relisant mon règlement de 1982, j’ai trouvé à l’article 7 la mention « habitation bourgeoise exclusive », une formule que je n’avais jamais remarquée. J’ai dû stopper l’activité en urgence. Vérifier son règlement avant de publier une annonce, ça prend 10 minutes et ça évite des années de stress. »
Loi Le Meur : ce qui a changé pour les copros

La loi n° 2024-1039 du 19 novembre 2024, dite loi Le Meur, a introduit l’article 26 d) dans la loi du 10 juillet 1965 : une assemblée générale peut désormais voter l’interdiction des meublés de tourisme à la majorité des deux tiers des tantièmes, contre l’unanimité auparavant requise. La décision du Conseil constitutionnel du 19 mars 2026 a validé ce dispositif.
Ce changement est historique. Avant novembre 2024, obtenir l’unanimité en AG pour modifier le règlement de copropriété était quasiment impossible : un seul copropriétaire pouvait bloquer toute la procédure. La loi Le Meur a renversé cet équilibre en abaissant le seuil à deux tiers des tantièmes, rendant l’interdiction accessible dans la majorité des copropriétés.
La décision QPC n° 2025-1186 du 19 mars 2026, très attendue par les investisseurs, a confirmé la constitutionnalité du dispositif. Les Sages ont estimé que l’atteinte au droit de propriété était encadrée et proportionnée à l’objectif d’intérêt général poursuivi — notamment la lutte contre la pénurie de logements en zones tendues et la préservation de la tranquillité des résidents.
En parallèle, la loi Le Meur a introduit l’article 9-2 dans la loi du 10 juillet 1965 : tout copropriétaire qui loue son lot en meublé de tourisme doit désormais en informer le syndic. Ce dernier est tenu d’inscrire un point d’information à l’ordre du jour de la prochaine assemblée générale.
Les 3 conditions cumulatives du vote à 2/3
Le vote d’interdiction à la majorité des deux tiers n’est pas automatique. Trois conditions cumulatives doivent être réunies simultanément, sous peine d’invalider la résolution :
- Résidence secondaire uniquement : les lots concernés ne doivent pas constituer la résidence principale du copropriétaire au sens de la loi du 6 juillet 1989
- Usage d’habitation : les lots concernés doivent être à destination résidentielle
- Clause bourgeoise préexistante : le règlement de copropriété doit déjà comporter une clause d’habitation bourgeoise ou d’interdiction d’activité commerciale
Point critique : si l’une de ces trois conditions n’est pas remplie, la résolution adoptée à 2/3 est juridiquement invalide. L’unanimité reste requise dans ce cas. La Cour d’appel d’Aix-en-Provence (20 mars 2025, n° 24/10669) a annulé une interdiction votée précisément parce que le règlement ne contenait pas de clause bourgeoise suffisante.
Ce que dit la décision du Conseil constitutionnel
La décision QPC n° 2025-1186 du 19 mars 2026 apporte deux précisions essentielles pour les hôtes :
- La résidence principale est intouchable : aucun vote d’AG ne peut interdire à un propriétaire-occupant de louer son logement principal lors de ses absences
- Le dispositif est réversible : une AG ultérieure peut revenir sur l’interdiction par le même vote à 2/3
Obligation d’informer le syndic : comment s’y conformer ?
Depuis la loi Le Meur, l’information du syndic est obligatoire avant ou dès la première mise en location de votre lot en meublé de tourisme. Voici comment procéder en pratique :
- Envoyer une lettre simple (ou recommandée par précaution) au syndic mentionnant l’adresse du lot, le type de plateforme utilisée et la date de début de location
- Joindre votre numéro d’enregistrement en mairie, obligatoire depuis le 1er janvier 2025
- Conserver la preuve d’envoi — elle peut vous protéger en cas de litige ultérieur
Pour suivre les nouvelles restrictions en vigueur : Règles Airbnb 2026 : nouvelles restrictions et obligations
La loi Le Meur a rendu l’interdiction de location saisonnière accessible à la majorité des copropriétés, mais uniquement si trois conditions cumulatives sont réunies et jamais pour les résidences principales. La décision du Conseil constitutionnel du 19 mars 2026 a définitivement clarifié ce cadre. Informer son syndic n’est plus optionnel.
Quels risques si vous ignorez le règlement ?
Ignorer un règlement interdisant la location de meublé touristique expose à trois risques cumulables : une action du syndicat des copropriétaires, une action individuelle d’un voisin pour trouble anormal de voisinage, et une amende administrative jusqu’à 100 000 euros en cas de changement d’usage non autorisé.
Beaucoup de propriétaires estiment que le risque est théorique. Les décisions judiciaires de 2025 montrent le contraire. La Cour de cassation a confirmé en octobre 2025 (n° 23-19.843) la condamnation d’un couple de Grenoble à verser 12 500 euros à ses voisins pour trouble anormal de voisinage causé par les rotations incessantes de voyageurs.
À la même période, le Tribunal correctionnel de Lille a infligé une amende de 33 000 euros à un propriétaire qui louait son appartement sans autorisation de changement d’usage. Ces deux décisions illustrent une tendance de fond : les syndicats et les voisins passent désormais à l’action de façon systématique.
Par ailleurs, depuis novembre 2025, un copropriétaire lésé n’est pas obligé de prévenir le syndic avant d’agir en justice pour trouble anormal de voisinage (Cass. 3e civ., 16 octobre 2025, n° 23-19.843). Chacun peut agir individuellement, sans attendre une décision collective.
Procédure syndicale : de la mise en demeure au référé
Quand le syndicat des copropriétaires décide d’agir contre un propriétaire en infraction, la procédure se déroule en quatre étapes :
- Lettre de mise en demeure envoyée par le syndic — délai de 15 jours en général
- Vote en AG pour autoriser le syndic à engager une action en justice
- Référé d’urgence pour obtenir la cessation immédiate de l’activité, assorti d’une astreinte pouvant atteindre 1 000 €/jour/m²
- Action au fond pour obtenir réparation des dommages subis par les copropriétaires
Preuve terrain : Un syndicat parisien du 8e arrondissement a obtenu en référé la cessation de la location pendant 16 mois, assortie d’une astreinte de 700 €/jour par infraction.
L’amende administrative de 100 000 € : qui est concerné ?
L’amende maximale de 100 000 euros par local (art. L. 651-2 CCH) s’applique uniquement dans les villes soumises à l’obligation d’autorisation préalable de changement d’usage, soit les communes de plus de 200 000 habitants et la petite couronne parisienne.
Dans ces zones, louer votre résidence secondaire sur Airbnb sans autorisation préalable de la mairie peut coûter jusqu’à 100 000 euros par logement. Ce montant n’est pas plafonné à la valeur du bien. À Paris, Nice, Lyon, Bordeaux ou Marseille, les contrôles se multiplient depuis 2025.
Les condamnations récentes (Grenoble 12 500 €, Lille 33 000 €, Paris 700 €/jour en référé) montrent que le risque est désormais concret et chiffré. Trois voies d’action peuvent se cumuler : le règlement de copropriété, le trouble anormal de voisinage, et l’amende pour changement d’usage non autorisé. Ces trois voies peuvent se cumuler.
Pour les démarches administratives complètes : Déclarations et autorisations location saisonnière
Résidence principale : êtes-vous vraiment protégé ?
La résidence principale bénéficie d’une protection constitutionnelle depuis la décision QPC du 19 mars 2026 : aucun vote d’AG ne peut empêcher un propriétaire-occupant de louer son logement lors de ses absences. La limite légale reste fixée à 120 nuits par an, toutes plateformes confondues.
Si vous louez votre résidence principale, là où vous vivez au moins 8 mois par an, pendant vos vacances ou déplacements professionnels, vous restez protégé même si votre AG vote une interdiction. Cette protection est désormais constitutionnellement garantie.
En revanche, cette protection connaît des limites que beaucoup ignorent. La limite des 120 nuits par an est calculée toutes plateformes confondues, Airbnb, Booking, Abritel, et non par plateforme. Dépasser ce seuil fait basculer votre logement dans le régime de la résidence secondaire, avec toutes les obligations qui en découlent.
Comment suivre ses 120 nuits avec précision ?
Pour éviter un dépassement non anticipé, voici les réflexes à adopter :
- Exporter le relevé de réservations depuis votre tableau de bord Airbnb (Statistiques > Revenus > Export) en fin d’année civile
- Croiser les données entre toutes les plateformes utilisées, le compteur est global, pas par plateforme
- Conserver les preuves de résidence principale : taxe foncière, factures EDF/eau, attestation employeur, avis d’imposition
Para-hôtellerie : la ligne rouge à ne pas franchir
Proposer simultanément au moins trois de ces quatre services requalifie l’activité en para-hôtellerie, avec perte immédiate de la protection résidence principale :
- Accueil personnalisé des voyageurs
- Petit-déjeuner fourni
- Nettoyage quotidien du logement
- Linge de maison fourni et changé
Pour optimiser votre stratégie légalement : Comment contourner la réglementation anti-Airbnb : astuces légales
La résidence principale est protégée constitutionnellement contre les interdictions d’AG, mais sous deux conditions strictes : ne pas dépasser 120 nuits/an toutes plateformes confondues, et ne pas proposer de services para-hôteliers. Hors de ces conditions, vous rebasculez dans le régime de la résidence secondaire.
Comment contester une interdiction en AG ?

Un copropriétaire dispose de 2 mois à compter de la notification du procès-verbal d’AG pour contester en justice une résolution l’interdisant de louer en meublé de tourisme. Le recours est possible si l’une des trois conditions cumulatives de l’article 26 d) de la loi du 10 juillet 1965 n’est pas remplie.
La contestation d’une résolution d’AG n’est pas réservée aux avocats. Tout copropriétaire qui a voté contre, ou qui était absent ou abstenu, peut agir dans ce délai de deux mois, impératif et non prorogeable.
Les 3 leviers de contestation valides
Levier 1 — Absence de clause bourgeoise : si le règlement ne contient pas de clause d’habitation bourgeoise ou d’interdiction d’activité commerciale, le vote à 2/3 est invalide. Validé par la Cour d’appel d’Aix-en-Provence le 20 mars 2025 (n° 24/10669).
Levier 2 — Résidence principale : si le lot visé constitue votre résidence principale, la résolution ne vous est pas opposable, conformément à la décision du Conseil constitutionnel du 19 mars 2026.
Levier 3 — Vice de procédure : ordre du jour mal rédigé, notification irrégulière ou décompte de voix erroné. La Cour d’appel de Montpellier (7 avril 2026) a rappelé que les conditions cumulatives doivent être vérifiées avant l’inscription à l’ordre du jour — la seule présence d’annonces sur des plateformes ne suffit pas.
Stratégie préventive : agir avant le vote
En amont d’une AG, la stratégie la plus efficace reste préventive :
- Candidater au conseil syndical pour être informé des résolutions à venir
- Vérifier les 3 conditions : si l’une manque, écrire au syndic pour contester l’inscription à l’ordre du jour
- Proposer une charte d’hôte comme alternative à l’interdiction totale, souvent acceptée par une majorité de copropriétaires
Pour construire ce document : Règlement intérieur location Airbnb : modèle gratuit
Référence légale officielle : Article 26d — Loi n° 65-557 du 10 juillet 1965 (Legifrance)
Une résolution d’interdiction peut être contestée dans les 2 mois si l’une des 3 conditions cumulatives de l’article 26d n’est pas remplie. La meilleure défense reste préventive : être présent en AG, proposer un cadre alternatif, et vérifier en amont que les conditions légales ne sont pas réunies dans votre immeuble.
Marcellin W., investisseur à Bordeaux et lecteur d’Eldorado Immobilier, partage son expérience : « Mon AG a voté l’interdiction de louer en meublé de tourisme à 68% des tantièmes. Sauf que mon règlement de copropriété ne contenait aucune clause bourgeoise, condition obligatoire selon la loi Le Meur. J’ai contesté la résolution dans les deux mois. Le tribunal a annulé le vote. Connaître les 3 conditions cumulatives, c’est ce qui m’a sauvé. »
- 01 Clause bourgeoise exclusive dans le règlement = interdiction directe de la location meublée de tourisme, sans vote AG nécessaire
- 02 Loi Le Meur (nov. 2024) : vote possible à 2/3 des tantièmes, sous 3 conditions cumulatives — validé par le Conseil constitutionnel le 19 mars 2026
- 03 Résidence principale protégée : aucune AG ne peut vous interdire de louer votre logement principal, dans la limite de 120 nuits/an
- ⚠ Risques concrets : jusqu’à 12 500 € de dommages-intérêts, 33 000 € d’amende, voire 100 000 € en zone tendue
- 05 Contestation possible dans les 2 mois si les 3 conditions de l’art. 26d ne sont pas réunies
FAQ
Mon règlement de copropriété peut-il m'interdire de louer sur Airbnb ?
Oui, si votre règlement contient une clause d’habitation bourgeoise exclusive : cette clause suffit à elle seule pour interdire toute location meublée de tourisme, sans vote d’assemblée générale. Sans cette clause, le syndicat doit obtenir un vote à la majorité des deux tiers, sous réserve de trois conditions cumulatives imposées par la loi Le Meur (article 26d, loi du 10 juillet 1965).
Quelle majorité faut-il pour interdire Airbnb en copropriété en 2026 ?
Depuis la loi Le Meur du 19 novembre 2024, validée par la décision du Conseil constitutionnel du 19 mars 2026, une AG peut voter l’interdiction à la majorité des deux tiers des tantièmes, contre l’unanimité autrefois requise. Trois conditions cumulatives doivent être respectées : lot non utilisé comme résidence principale, à usage d’habitation, et règlement contenant déjà une clause bourgeoise.
Ma résidence principale est-elle protégée contre une interdiction d'AG ?
Oui. La résidence principale est explicitement exclue du champ de l’article 26 d). Aucun vote d’AG ne peut empêcher un propriétaire-occupant de louer son logement principal lors de ses absences, dans la limite de 120 nuits par an. Cette protection a été constitutionnalisée par le Conseil constitutionnel le 19 mars 2026.
Quels sont les risques si je loue malgré le règlement de copropriété ?
Trois risques cumulables : (1) action du syndicat pouvant aboutir à la cessation sous astreinte jusqu’à 1 000 €/jour/m² ; (2) action individuelle d’un voisin pour trouble anormal de voisinage — condamnations récentes : 12 500 € à Grenoble (oct. 2025) ; (3) amende administrative jusqu’à 100 000 € par local en cas de changement d’usage non autorisé dans une ville de plus de 200 000 habitants.
Suis-je obligé de prévenir mon syndic que je loue en meublé de tourisme ?
Oui, depuis la loi Le Meur (article 9-2, loi du 10 juillet 1965). Tout copropriétaire qui loue son lot en meublé de tourisme doit en informer le syndic par écrit. Ce dernier inscrit un point d’information à l’ordre du jour de la prochaine AG. La loi ne prévoit pas de sanction directe en cas d’oubli, mais cette information peut déclencher un vote d’interdiction.







