Impact Réel du Coronavirus sur la Location Saisonnière (Stats et Graphes)

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Les chiffres clés de l’impact de la pandémie sur la location saisonnière :

  • les propriétaires ont laissé leurs annonces en ligne
  • le taux d’occupation des logements a été divisé quasiment par 10 par rapport à 2019
  • ceux qui ont loué ont baissé leurs tarifs de plus de 40% et ont loué des semaines complètes
  • les annulations ont augmenté jusqu’à plus de 500%
  • il sera possible de remplir les locations avec des voyageurs français uniquement
  • les plateformes de réservation en ligne ont subi la crise de plein fouet, mais Booking semble la plus à même de sortir “vainqueur” de la crise.

Le vieil adage qui affirme que l’on fait dire ce que l’on veut aux chiffres semble devenu tellement évident aux yeux des lobbys et du monde politique, qu’ils ne prennent même plus la peine de donner des chiffres pour appuyer leurs arguments…

C’est ainsi que l’on peut voir un peu de partout des déclarations fracassantes sur l’impact de la crise du coronavirus sur la location saisonnière.

Certains déclarent que la majorité des propriétaires est passée en location longue durée, d’autres que c’est le moment de supprimer location saisonnière car elle ne sert plus à rien, d’autres encore que certains propriétaires ont réussi à louer à 100 % pendant la période de confinement…

Et, le meilleur pour la fin, l’adjoint au logement de la Ville de Paris Ian Brossat, qui affirme carrément dans le journal du dimanche que Airbnb est devenu ni plus ni moins qu’un proxénète.

Je me suis intéressé à ces différentes affirmations, pour voir lesquelles étaient justifiés ou non, sur la base de données réelles.

J’ai donc réuni les données du Big Data, bien aidé par un site web appelé Transparent, qui a fait une excellente synthèse sous forme de graphiques très clairs, que je vous livre ci-dessous.

Cela va vous permettre d’y voir plus clair et de savoir si certaines informations sont des FAKE ou non.

C’est le même procédé scientifique qui est utilisé par l’équipe de Eldorado Immobilier pour réaliser vos études de marché parfaites, basées sur le Big Data.

Voici maintenant les graphiques détaillés et leur analyse plus poussée que vous êtes libre de découvrir.

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Quel a été le taux d’occupation pendant la crise ? (et par rapport à 2020)

Certains médias ont affirmé que les demandes de réservations avaient chuté de 40%.
A l’inverse certains propriétaires nous disent que leur taux d’occupation avoisinait les 100%.

Voici ce que donnent les données fournies par Airbnb, Booking et Expedia :

Comparaison des taux d’occupation réels et projetés entre 2019 et 2020
Cliquez sur les images pour agrandir les graphiques

Le graphique montre bien l’impact de la crise.

Le 25 février, le taux d’occupation moyen 2019 était de de 59% et celui de 2020 s’établissait à 58%.

Et soudain, ce fut le drame…

Le 20 avril 2019, le taux d’occupation moyen dans une location saisonnière s’établissait à 73,4 %.

Le 20 avril 2020, le taux d’occupation moyen était de… 8,12 % seulement. Et parmi les occupant, il y avait le personnel soignant logé gracieusement.

Pour aller plus loin, voici le graphique de la comparaison 2019 / 2020 des demandes de réservations sur Airbnb, Booking.com et Expedia (dont dépend Abritel)

Evolution du nombre de réservations en comparaison 2019 et 2020
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Le données monde montrent une chute des demandes de réservations de 74% entre 2019 et 2020 sur les différentes plateformes de réservation en ligne.

En France, la baisse du nombre de réservations est de 84%.

Le record revient à l’Espagne avec carrément 96% demandes de réservations en moins par rapport à 2020.

Les tarifs à la nuitée se sont ils effondrés pendant la pandémie ?

Voici les chiffres issus d’une moyenne pour un appartement avec deux chambres. Les chiffres sont en valeur absolue.

Evolution du tarif à la nuitée dans une location saisonnière type
Cliquez sur les images pour agrandir les graphiques

Le tarif à la nuitée s’est effondré de près de 50% depuis le début de la pandémie.

Le creux a été touché peu après la mise en place du confinement, fin mars.

Y a t il eu une “pluie d’annulations” du fait du confinement et de la crise sanitaire ?

Clairement oui, et il semble que ce ne soit malheureusement pas fini du fait du rayon de 100 km maximum pour se déplacer pour les loisirs.

Evolution des demandes d’annulations dues à la crise sanitaire et au confinement, en France
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Il y a eu un pic d’annulations début avril avec 590% d’annulations en plus qu’en 2019 !

Ce qui est embêtant c’est une forte remontée du nombre d’annulations en cours début mai…

Beaucoup de propriétaires se sont ils mis à la location longue durée ? (à l’année)

C’est une des affirmations phares de cette période de confinement : de nombreux propriétaires seraient passé de la courte durée à location à l’année.
Une affirmation prise d’ailleurs très au sérieux par Airbnb, qui propose désormais des séjours longue durée sur son site web de réservations en ligne.

Voici ce que nous disent les chiffres.

La carte ne prend en compte que les annonces de locations entières, sur Airbnb, Booking, Tripadvisor et Expedia.

Plus la couleur est foncée, plus le nombre d’annonces a augmenté…

Evolution du nombre d’annonces sur les plateformes de réservations en ligne dans le monde
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Zoomons sur le cas de France et de l’Europe :

Cliquez sur les images pour agrandir les graphiques

En France, l’impact de la pandémie a été nul sur le nombre d’annonces proposées sur les plateformes de réservation en ligne. Le nombre d’annonces a même légèrement augmenté.

De la même manière, au niveau mondial, l’impact actuel de la crise sur l’offre en locations courte durée de type Airbnb reste faible.

Les propriétaires et les conciergeries n’ont pas supprimé de manière significative leurs annonces et la croissance de la location saisonnière reste forte, même en Chine où Airbnb, par exemple, avait considérablement augmenté son implantation avant la crise du COVID-19.

Cela suggère que les propriétaires et gestionnaires sont prêts à se relancer dans la location courte durée à la première opportunité.

Alors pourquoi miser sur les séjours de longue durée ?

Si les propriétaires continuent très majoritairement à conserver leurs annonces sur Airbnb et autres, c’est qu’ils ont pu bénéficier d’aides sous forme du fonds de solidarité, de report de crédits ou sur leurs fonds propres.

C’est aussi parce qu’ils ont ouvert leurs réservations à des durées plus longues pendant le confinement, à tarifs réduits.

Le graphique ci-dessous permet de comparer les durées de location entre 2019 et 2020

Comparaison des durées de location entre 2019 et 2020

En 2019 la durée d’un séjour moyen dans un appartement de type Airbnb était de 3 jours, alors qu’elle est passée à plus d’une semaine en 2020.

Les locations se sont faites aux personnels d’entreprises essentielles à la vie de la nation, pour des déplacements d’une semaine.

Pouvez vous miser sur les touristes français pour louer cette année ?

Heureusement, la réponse est oui, car la France fait partie des pays dont les habitants font le plus de tourisme en local.

Proportion de touristes restant dans leur pays pour leurs vacances
Plus la couleur est foncée, plus le tourisme est local
Top 10 des pays où les habitants voyagent en local
plus le camembert est foncé, plus le tourisme local est développé

Les propriétaires de meublés de tourisme peuvent donc complètement s’appuyer sur les touristes français pour remplir leur calendrier.

Dès que l’interdiction de se déplacer à plus de 100 km sera levée…

Booking, Abritel, Airbnb ou Expedia peuvent elles disparaître ?

Ces sociétés ont perdu énormément de valeur, plus de la moitié pour Airbnb, qui devait d’ailleurs entrer en bourse dans le courant d’année 2020… c’est raté, et ce n’est peut être pas plus mal au vu de l’évolution du cours de bourse de ses concurrentes :

Evolution des cours de Bourse en base 100 des OTA (Booking, Tripadvisor et Expedia)
Source Yahoo finances
Cliquez sur les images pour agrandir les graphiques

D’un côté, le Nasdaq a quasiment repris sa valorisation d’avant crise.
De l’autre, Booking, Tripadvisor et Expedia accusent le coup.

Le tendance la plus défavorable est pour Expedia du fait de ses activités globales dans le secteur du voyage.

Booking est peut être le gagnant de la crise.

Nous vous en expliquons les raisons et pourquoi vous devriez miser sur Booking dans cet article.

Ces données correspondent elles à ce que vous vivez et avez vécu dans vos locations ?

Etes vous supris par ces statistiques ?

Vous êtes libre de laisser un commentaire ci-dessous

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Pierre

Pierre est ingénieur agronome spécialisé dans l'aménagement du territoire (INA ENSA A), et urbaniste. Investisseur immobilier dans la location meublée courte et longue durée, il est passionné pour aider les propriétaires au quotidien. Il est l'auteur du Best Seller "Airbnb Master : les 200 secrets des nouveaux millionnaires de la location courte durée" et collabore avec de nombreux médias (Capital de M6, Le Monde, Le Parisien, Le Petit Futé...) Surtout, Pierre est à votre disposition pour échanger sur vos difficultés, laissez un commentaire !

21 commentaires

  1. Bonjour,
    Pour moi, c’est très net depuis mars, mes réservations sont à 0! Et pour l’instant, je n’ai presque rien pour cette été, mais on est encore un peu dans le flou.
    Tine : pourquoi refuser la demande locale, qui pourrait faire des clients récurrents?
    Arnaud : tout le monde dit cette crise va changer le monde…. Peut être, mais j’en suis pas sur. Si le virus continue à partir tranquillement, quand on voit le comportement des gens (queue devant des magasins de fringues et autres dès la fin du confinement….) je me dit qu’on pourrait assez rapidement au monde d’avant! Seul l’avenir nous le dira.

  2. Merci Pierre pour toutes ces informations.
    Nous avons locations saisonnières en Martinique et la situation est bien différente dans les DOM.
    100% d’annulation et l’avenir semble très morose; quand les avions vont reprendre leurs vols? Si quatorzaine à l’arrivée, comme actuellement, les touristes ne vont pas venir. Pour le moment nous n’avons aucune visibilité pour les mois à venir. Mes locataires qui bénéficient d’un A-valoir (locations d’avril, mai et juin 2020) ne viendront qu’à la même période en 2021.
    Nous espérons que les aides de l’Etat et des collectivités nous permettront de tenir durant cette période difficile…

    • C’est clair que pour vous la saison sera délicate
      je ne sais pas si il ne vas pas y avoir de la demande en interne, avec les zoreilles qui ne vont pas rentrer cet été ça peut permettre de boucher des trous
      la clientèle US et autres pays va être très importante, peut etre que les mesures de quarantaine ne s’appliqueront pas à eux, les relations internationales…
      Bon courage, tenez nous au courant et merci pour votre message

  3. Après avoir eu l’annulation de nos réservations suite au confinement, nous avons, à notre grande surprise, eu des demandes pour des week-ends de personnes habitant la grande ville d’à côté pour “prendre l’air’. Nous avons refusé toutes ces demandes (une bonne dizaine) d’une part parce que nous ne cautionnons pas ces comportements et d’autre part en raison du temps de ménage à passer pour des séjours d’une nuit. Jusqu’à être contactés par une soignante à la recherche d’un logement le temps du confinement. Nous avons fait le choix de lui laisser le logement en échange d’un tarif très préférentiel. Nous avons donc eu notre bien occupé par une personne adorable qui nous l’a rendu hier dans un état irréprochable.
    Cette période nous a fait réfléchir au temps passé à la gestion des entrées/sorties et au ménage (la location est mitoyenne à notre habitation et nous gérons tout).
    Nous avons décidé de :
    – renforcer encore notre règlement intérieur,
    – modifier le nombre de nuits minimal pour séjourner chez nous (=moins de ménage),
    – refuser les demandes des profils récents, sans image, ne répondant pas aux demandes de présentation, habitant à proximité de chez nous
    – réfléchir à comment développer un réseau local pour obtenir des réservations en direct au moins à la semaine de professionnels en déplacement et donc développer notre autonomie (ça devrait vous plaire, ça 😉 )

  4. Bonjour,
    Comme Vincent, j’ai un locataire italien qui m’avait loué le mois de mars pour le travail et qui est encore dans ma location en banlieue parisienne jusqu’à fin mai. J’avoue que cela m’a bien arrangé d’avoir quelqu’un plutôt que zéro, tous les autres ayant annulés leurs réservations. Par contre, mon appartement à la montagne s’est retrouvé vide du jour au lendemain. Vous voyez cela dépend des lieux et des circonstances…

  5. Bonjour
    Je partage la perplexité d’Anne. Et j’aimerais beaucoup avoir votre avis sur le sujet. S’agirait il de locations aux hospitaliers? Merci d’avance et bien cordialement

    • Bonjour

      Aussi aux ouvriers.
      Énormément de grosses entreprises utilisent des sous traitants qui se déplacent de site en site
      Bien à vous

  6. Personnellement j’avais accepté une location « longue » durée d’un mois avant COVID. C’est un couple franco néerlandais qui avait trouvé du travail en France et ils se sont retrouvés coincés…. on a donc trouvé un accord qui convenait à tous. Ils resteront jusque fin juin. Ce n’est clairement pas hyper rentable mais quand même beaucoup plus de zéro ! Sans cela ça n’aurait pas été loué.

  7. Bonjour Pierre
    Je ne comprends même pas que certains aient pu remplir leur location à 73% en avril – nous avons dû fermer administrativement complètement suite au décret préfectoral, alors que nous sommes dans une région où il y avait peu de cas Covid – soit ces Propriétaires étaient hors la loi soit les décrets préfectoraux diffèrent d’une région à l’autre ..
    avez vous une explication ? Merci et bonne journée

    • Bonjour Anne,
      Vous pouvez interpeller votre maire et votre préfet à ce sujet…
      Les fermetures administratives n’ont pas impacté tout le monde
      en fait, très peu de monde a été obligé de fermer
      Bon courage et à très vite

  8. Bonjour,
    j’ai commencé au début de l’été dernier une activité LMNP avec trois appartements en courte durée en périphérie de Toulouse.
    Il semblerait que je n ai pas subi les mêmes désagréments que la majorité des propriétaires durant cette crise… En effet, deux appartements sont encore loués régulièrement, ce qui m’a amené de nouveaux problèmes…
    J ai décidé de ce fait pour ma part de majorer mes tarifs de location très rapidement après le départ de cette crise, ayant affaire à une série de nombreux jeunes locataires indélicats qui ne respectent rien (dégradations, vol, nuisances sonores, deal, utilisation du jacuzzi à des horaires proscrits, violences…) m’obligeant à intervenir sur place régulièrement. Une vrai horreur !

  9. Bonjour
    La conclusion est claire : cette crise marque un tournant définitif pour le tourisme mondial et surtout pour la France. Les flux ne reviendront pas à leurs niveaux avant longtemps, et peut être même jamais vu de toute faon les contraintes sur l’environnement et l’énergie qui nous pendent au nez à très court terme (voyez la crise sur le transport aérien). Le tourisme international va inévitablement et doit reculer. Le tassement inévitable et déjà en cours des pouvoirs d’achat en France et en Europe va aussi peser lourd. Les belles années du tourisme sont derrière nous. Le fait qu’une masse de gens ait ouvert des gites ces dernières années montre aussi une concurrence qui explose et ne peut se traduire que par des baisses de prix dans un contexte général très déprimé. Les municipalités n’en veulent plus, les frais immobiliers ne font qu’exploser et ce n’est pas fini. Bref, les locations saisonnières c’est mal barré, il va falloir passer à autre chose. Je plains bien ceux qui se sont récemment lourdement endettés croyant aux mirages de cet investissement…

    • D’accord, d’accord
      Et sur quelles données scientifiques vous basez vous ?
      une chance sur deux d’avoir raison…

      • Les données sont très faciles à trouver :
        – la chute du transport aérien est actée et va perdurer plusieurs années (source Air France)
        – la contrainte CO2 devient majeure (Source GIEC), la demande sociale sur la diminution des émissions ne cesse de s’accélérer, elle rejoint et accentue la contrainte sur le pétrole dont la production mondiale va baisser à court terme (source AIE).
        – quant à la concurrence et les charges croissantes sur l’immobilier, vous êtes vous même une excellente source…
        Ces tendances n’ont pour moi pas grand chose à voir avec des probabilités mais sont des tendances de court terme (Maxi 5 ans) certaines.

        • Juste avant la crise le secteur aérien atteignait un pic et prévoyait une explosion très forte du trafic.
          L’immobilier est annoncé en crise depuis des dizaines d’années…
          la vérité est qu’il s’agit de mécanismes extrêmement complexes que des analyses simplistes et orientées ne peuvent expliquer.
          Le court terme n’a pas vraiment d’intérêt en immobilier d’ailleurs…

    • C’est un point de vue. Je crois au contraire que les gens vont repasser en direct de plus en plus pour éviter de passer par des plateformes type airBnB prenant un fort pourcentage. De même, le tourisme local aura le vent en poupe pendant les 2-3 prochaines années, le temps que les gens reprennent confiance progressivement et aient moins peur.

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